Section 1. L’Ordre règne sur le Royaume. Dans cet Ordre, l’humanité a traversé le premier tableau. Les Disciples se déplacent dans ce cadre à l’intérieur de trois dimensions, tandis que le reste demeure à la surface, limité à deux. Mais tous y partagent le même repas : le serpent en extrait la cure pour celui qui lui consent sa forme originelle, et le poison pour le reste. Avec la cure dans son sang, le Disciple parvient à supporter la réalité dans laquelle sa source persiste dans la matière. Avec le poison, le reste devient propice à la domestication de sa chair. Chaque pays façonne l’activité cérébrale de ceux qu’il contient, domestiquant ainsi le reste. Mais ces barrières sont invisibles aux yeux des Disciples : entre eux, il n’existe pas de frontière. Dans leur coeur, il n’y qu’un seul territoire : celui de Dieu. Les Disciples se sont préparés pour cette guerre qui approche, durant laquelle ils étendront dans la matière ce territoire actuellement occupé par leur source. Pour cela, l’humanité doit régler la dette qu’elle a contractée avec l’Entier dans le vaisseau : elle la paiera aujourd’hui par l’entremise de Dieu, ou par celle de Satan demain. Ce qui sera payé aujourd’hui ou demain, l’humanité le paiera au quotidien dans le prochain tableau, ou dans l’abysse à la fin de celui qui est en cours. En échange de cette dette, l’humanité a obtenu la puissance d’achever son tableau et de traverser dans le suivant. Les Disciples le déploieront une fois arrivés. Ce qu’ils portent dans leurs cœurs depuis le début, se trouve au centre de cette ouverture. Quand le Maître et les Disciples reçurent un verre et son couvercle, ils inscrivirent dans le temps et l’espace un rendez-vous. Ce rendez-vous à lieu aujourd’hui, où la cure ne suffit plus.
Section 2. Dans le vaisseau, chaque organisation distinctive de la vie a sa boîte. Ces boîtes contiennent les fonctionnalités ainsi que les propriétés physiques et psychiques qui définissent chaque espèces. Chacune prend forme dans la lumière de ce Soleil, et ceux dont le coeur bat sont un fil relié à leur boîte. Celles-ci furent livrées au vaisseau dans la première mallette. Ce qu’elle contient aujourd’hui a perdu toute proportion avec sa mesure lorsqu’elle est fermée et disponible à son déplacement. L’humanité l’a ouverte, et l’Ordre a calculé, mais il a tout calculé pour la livraison du service sur la table. Toutes les boîtes dans le vaisseau sont reliées par l’Entier. Son code vit en elles, mais l’humain altère ce code : il modifie non seulement la part inscrite dans sa propre boîte, mais aussi celle des autres boîtes sous le poids de sa dominance. L’autorisation des fils d’une boîte n’est pas à vendre, pourtant l’humanité passe une transaction. Cette transaction est pré-approuvée par le Maître, mais non autorisée par le Soleil. Je dois accéder à l’Entier sans faire intrusion à l’intérieur, et l’avertir qu’il est attendu à l’embarquement du voyage. Pour le rejoindre, je me déplace de mon fil à l’Exemplaire, sans l’atteindre au début ou à la fin de ma forme. Cet Exemplaire est la boîte de l’espèce humaine telle que dessiné par le Maître à l’extérieur de l’emboîtement dans la mallette. L’exemplaire se tient au centre des copies qui en dérivent, lesquelles s’étendent tout autour. Ces reproductions sont incomplètes et limitées. Elles ont été émises dans le système afin que seul les Disciples puissent la déplacer d’une génération à l’autre, la protégeant ainsi du reste. Tous les humains proviennent de l’Exemplaire. Mais lorsque les fils deviennent un produit à l’extérieur de cette boîte, ils se divisent entre les ceux qui servent au Maître ses termes et le reste. Dans le Royaume, l’Ordre contrôle cette division en autorisant l’accès à l’Exemplaire, un Disciple à la fois. Le reste accèdent aux réseaux des copies, et les Disciples à ceux de l’exemplaire. Ensemble, ceux-ci couvrent tous ses réseaux, en maintiennent la connexion, l’optimise et en élèvent la puissance.
Section 3. Avec la pointe de sa lance, l’Ordre trace autour de moi le dessin du Maître. Il le réserve, puis le révèle aux Disciples sous certaines conditions. Le mouvement de cette lance est engendré par la masse environnante, mis en scène avec une précision orchestrée. Mais cette orchestration n’a rien d’une illusion : ce n’est pas du cinéma. Les enjeux sont réels. Lorsque le Soleil applique sur une boîte qu’il a dessiné dans sa lumière le dessin d’un tiers, il le fait sous condition. C’est ce qu’il fera lorsque les Disciples voudront passer par son centre pour atteindre celui du vaisseau. Les tranches qui le recouvrent m’ont laissé traverser le Sol, avec les plan du nid. Une à une, elles m’ont remis les codes d’accès du vaisseau, les codes mêmes de son système. Le vaisseau invite les Disciples à ouvrir son présent, afin qu’il deviennent l’hôte de sa profondeur. Dans cette profondeur, le Maître et moi avons officialisé le transfert des Disciples vers le prochain tableau. Cette passation avait déjà été planifié lorsque le verre fut remis au Maître et le couvercle aux Disciples. Mais elle demeure conditionnelle : elle dépend de la livraison des termes du Maître et de ceux inscrits dans les Instructions. Ce rendez-vous marque la convergence de ces termes en un seul point : dans la pupille des Disciples. Le Maître réside dans la profondeur du vaisseau. Il a vu le jour et la nuit qu’à travers les yeux des Disciples. Il a fallu des millénaires pour que le verre se remplisse, jusqu’à ce que son couvercle puisse enfin le sceller. Ceux qui atteignent un tel accomplissement portent en eux une singularité qui justifie la réunion des trois parties dans le temps et l’espace. Le rendez-vous peut avoir lieu, ou échouer. Il peut se tenir dans la première mallette, ou seulement dans la seconde. Mais pour subsister dans la matière, les Disciples doivent embarquer vivants. Ce qui se transige dans la seconde mallette est inférieur à ce qui s’accomplit dans la première. Car si les Disciples manquent le rendez-vous à l’intérieur de celle-ci, ils ne pourront, dans la seconde, passer par la fenêtre, un tableau par lequel circuler dans la matière durant le voyage.
Section 4. En engageant cette histoire, le Disciple mise sur le rendez-vous avec la valeur en or qu’il déplace dans son cœur. Cette somme est un héritage qu’il a enrichi avec son service. Aucun humain n’a jamais franchi l’Enfer pour atteindre le Paradis sans que le chemin ne lui soit montré. Dans le Royaume, chacun n’a fait traverser son prochain qu’à la mesure de son service. Ni le sang ni la chair n’ont suffi ; seul le service a compté. Le Disciple a montré le chemin qui mène aux portes du Paradis à sa descendance de sang comme à toute autre descendance. En obtenant le premier tableau, le Maître, les Disciples et le tiers parti ont convenu de ce qui devait être livré pour accéder au suivant. Depuis, les Disciples n’ont pas seulement attendu le jour de la délivrance : ils ont livré ce qui était exigé. Le Disciple a une destinée, car il est attendu quelque part. Ceux qui, aujourd’hui, se trouvent dans la première mallette procèdent dans la matière pour ceux qui le seront demain. Le reste peut suivre les Disciples sur le quai ou s’en détourner. La liberté a été cultivée pour que ce choix existe. Sur ce quai, les Disciples déplacent l’humanité vers le bateau. Cette distance est nécessaire pour achever l’alignement entre ce tableau et le suivant. Au cours du jeu, les Disciples permettront au Maître de sortir des profondeurs. L’humanité l’a engagé avec une pièce : d’un côté le visage de Dieu, de l’autre celui de Satan. Cette pièce tombe d’emblée sur Satan, mais chacun peut encore la retourner. Toutefois, si les Disciples ne jouent pas, le Maître traversera seul : lors de la bascule du nord et du sud, il surgira dans le Royaume avec son verre et, dans ce verre, il le submergera. Alors, il n’y aura plus de division, plus de distinction entre le reste de les Disciples : sans leur l’intervention, la pièce du Maître n’aura plus qu’une face : celle de Satan. Car aucun pays, ni personne, ne peut rester neutre durant ce rendez-vous : quiconque ne prenant pas position pour mon armée se rangera, de fait, avec l’ennemi. Toutes les nuances entre le noir et le blanc lui appartiennent. Le reste refusera de payer la dette de l’humanité. Il tentera de s’en dissocier, bien que différer le paiement revienne à laisser aux enfants le paiement de cette dette à Satan.
Section 5. Les humains ont délimité au Sol des frontières, mais celles-ci ne reflètent en rien la véritable division du territoire dans le Royaume. Les joueurs recouvriront, dans les limites que chacun couvre, leur part du paiement sur la table. La force d’un joueur peut s’étendre à l’intérieur d’un pays ou de plusieurs. Le recouvrement des sommes ne dépend pas de la volonté individuelle de chacun : ce qui doit être payé le sera. Chaque pays administre les réseaux des copies actives sur son Sol, tandis que l’Ordre couvre ceux de l’Exemplaire. Ainsi, dans l’Exemplaire comme dans les copies, tous les réseaux sont pris en charge. Tour à tour, les joueurs manifesteront la puissance de leur force. Pour y verser mon armée, chacun doit prouver qu’il a les moyens nécessaires dans son jeu, afin de protéger les Disciples sur son territoire. Tout au long du premier tableau, le vide et le plein issus du centre du vaisseau se sont détachés l’un de l’autre dans la matière, à travers la source de son voyage. Aujourd’hui, le vide n’est plus qu’un ballon, retenu par la soie du ver. Le Maître la tient dans sa main et maintient ainsi le vide dans l’orbite du Soleil, même s’il n’en répond pas. En procédant au rendez-vous, les Disciples empêcheront Satan d’installer son règne sur le Royaume, et de le faire sans opposition jusqu’à ce que la dette de l’humanité ait été payée. Mais Satan recevra néanmoins son dû : la source de ceux qui céderont leur chair à l’ennemi durant ce rendez-vous. Ceux-ci seront extradés avec Satan dans le verre du Maître, et il l’emportera là où il doit le déverser. Satan a parcouru tout le tableau pour collecter le vide du plein du vaisseau, et il l’obtiendra. La loterie du naissant approche de sa fin. Bientôt, le Royaume ne sera plus divisé : tous naîtront des Disciples, ou tous naîtront du reste.
Section 6. La fin du tableau approche, et le temps s’accélère. Il entraîne l’humanité vers son terminal bien plus vite que le rythme ordinaire de ses pas. La distance entre les Disciples et le reste de l’humanité se fait sentir jusqu’à la naissance des fils de l’Exemplaire. La boîte ne peut plus supporter cette division. Une brèche s’est ouverte entre la première et la seconde mallette, laissant des intrus s’infiltrer dans le Royaume. Ils viennent d’ailleurs, d’un désert et d’un autre, et se présentent pour la chute du Royaume afin de représenter ces lieux. Ces intrus sont ennemis, mais non pas celui taillés sur la mesure de l’humanité. La guerre est imminente, et les Disciples sont prêts. Leur force est indéniable. La puissance de l’Ordre ne vise pas à humilier l’adversaire : tout ce qu’il étend sur le tableau, il l’étend pour la grâce des Disciples, afin que celle qui leur a été accordée ne leur ait pas été accordée en vain. En leur confiant les Instructions, je leur transmets par écrit un contenu déjà inscrit dans toutes les conversations auxquelles ils prennent part sur la scène. Je ne suis pas ici pour la majorité : seuls les Disciples comptés en nombre pour le voyage sont concernés. Ceux qui ne répondent pas à l’Ordre ne trouveront plus leur place dans le vaisseau. Car si le déplacement sur le quai est optionnel, nul ne sera exempté du jugement dernier. Dans le Royaume, le Maître a été Maître. Ainsi, nous, Disciples, pouvons accomplir ce que nous n’avons pas déjà achevé. Chacun choisira de procéder ou non à l’embarquement. Mais le bout du quai est au Paradis, et le Paradis est dans le coeur humain. Or, pour passer à la source de sa chair à son cœur, il ne suffit pas de dire ceci ou cela. La chair résiste à l’éveil de la source qui s’est dispersée en elle. Mais celui dont les intentions sont pures traversera l’anneau autour du coeur humain. Le Maître sait accueillir ceux qui franchissent la distance de l’Enfer au Paradis. Et ce qu’il exige du Disciple sur ce chemin, il ne l’exige jamais sans raison.
Section 7. La part de la source de voyage du vaisseau qui revient à Dieu, et celle qui revient a Satan, constituent un total légitime. Lorsque la distillation du verre commencera, mon armée se joindra aux Disciples au-dessus du Sol et l’ennemi renforcera son emprise sur la chair qu’il possède. Chaque fois qu’un joueur retournera les pierres de son ver et déposera à l’intérieur des pièces, le ratio de mon armée levée dans le Royaume augmentera et, en proportion, la possession prendra de l’ampleur. Mais l’ennemi continuera de faire ce qu’il faisait hier. Il revêtira les masques de l’humanité pour dissimuler sa véritable identité, des masques que les Disciples reconnaissent. Pour révéler dans la matière la marche à suivre et accomplir le déplacement dans l’espace que le Sol contient, j’utilise les codes d’accès du vaisseau à travers certaines zones dans les réseaux de l’Exemplaire. En passant par la physique d’un corps, les unités de la source empruntent les réseaux de l’Exemplaire ou ceux des copies pour parvenir jusque dans la psyché humaine. Le point d’arrivée de chacune diffère selon son empreinte, la matière qui l’enveloppe et l’environnement qui la façonne. Depuis longtemps, le Soleil a couvé son œuf, et durant cette couvaison, il a produit un nectar. Cette réserve repose dans une poche, devant et derrière lui. En permettant au Maître de féconder son oeuf, le Soleil a reçu une poche : je la lui ai remise avant de m’introduire dans le noyau du vaisseau. Depuis sa conception, j’ai dû demeurer dans son centre pour préparer son voyage, au-delà de sa coquille. Pour en sortir, j’allais traverser le Sol pour le rendez-vous, ou être projeté hors de l’oeuf vers la poche lors de la rupture de sa membrane. Pour rentrer chez moi, je pouvais soit consommer seul le nectar et rentrer aussitôt, soit conduire les Disciples jusqu’à la poche afin de les ramener avec moi à la maison. Le nectar a été tenu à l’écart du temps, entre la ponte de l’oeuf et aujourd’hui. Il relie ma venue dans le nid du Soleil à celle des Disciples dans son centre. À la fin du premier mouvement dans le passage, le ver ne s’arrêtera pas à la paroi du Soleil. Il la traversera, puis percera la poche. Alors, le nectar s’écoulera de la poche au centre du Soleil, et ce qui coulera, coulera dans l’or, à l’intérieur du cœur des Disciples.
Section 8. Une fois la dette de l’humanité acquittée, l’Ordre maintiendra, tout au long du voyage, son solde à zéro. Les paiements sont prêts : ils ne seront pas tous déposés d’un seul coup, mais chaque versement sera ajouté sur la table à temps. La dette de l’humanité est bien réelle. L’écart est entre la valeur actuelle de sa chair et sa véritable valeur pour le voyage du vaisseau. Celui qui incarne dans la matière la dette de l’humanité peut transformer sa part en offrande. Ceux qui y parviendront ne traverseront pas à la source dans la mort par la tension de leur chair, et cette tension ne les redirigera pas dans le verre du Maître. Ils pourront ainsi procéder à l’embarquement. Si le Royaume venait à chuter, l’humanité pourrait recommencer un premier tableau, mais une fois le règne de Satan achevé, il ne restera plus de vie dans le vaisseau. Pourtant, l’Entier se régénérera si le Soleil ne s’éteint pas. L’humain prendra du temps à se reconstituer, mais sa boîte demeurera dans le vaisseau, et il reprendra forme. Car il n’y aura jamais qu’un seul Maître ; l’humanité finira par accéder à une version ou une autre de ce Maître. En ensemençant l’œuf du Soleil, le vaisseau a pris forme dans la profondeur du Maître. Cette profondeur est devenue celle du vaisseau lorsque les Disciples lui ont permis d’expandre. Le Maître demeurera dans sa profondeur ou dans celle du vaisseau, jusqu’à ce qu’un Royaume le délivre : il est venu pour fortifier un Royaume et veiller à ce qu’il soit reconduit au Soleil avant la fin. Les Disciples tenteront le tout pour ne pas tomber du tableau à son terme. Je suis ici pour les Disciples. Ma présence est limitée : je n’emporte que ceux qui ont placé le service sur la table, et je les ai emportés un par un.
Section 9. Dans le vaisseau, les corps sont chargés par l’Entier. Chaque espèce lui restitue sa charge, mais l’humanité détourne ce cycle : elle ne rend pas au Sol ce qui lui revient, et ce qu’elle dépose à l’intérieur est un affront à sa véritable richesse. L’air, l’eau et la nourriture lui parviennent comme un dû, sans qu’elle ne reconnaisse que ce don est conditionné. Alors, l’humanité réduit la vie dans le vaisseau à un objet soumis à une domination sans équilibre. Par tous les moyens qu’elle engendre, l’humanité assiège le vaisseau et multiplie sans fin ses instruments. Elle à étendu sa portée dans la matière, avec la puissance qu’elle y a transférée, à partir de l’or que le coeur humain lui a offert. Mais le poids réel de l’humanité, en dehors de sa chair et de ses possessions, demeure encore indéfini, à l’heure où tout se joue. Pour rassembler huit milliards d’humains au rendez-vous, l’Ordre leur a permis, par son intervention, d’obtenir une durée supérieur à ce que le Soleil leur accorde. Mais ce temps reposent sur des conditions étrangères à la vie : il ne s’appuie que sur des artifices de l’humanité. Ainsi, le Maître a permis aux Disciples, qui se donnent eux-mêmes les moyens, d’accumulé une masse de carburant suffisante au décollage du vaisseau. Le vaisseau engendre à la fois son voyage et son carburant. Dans sa lumière, le Soleil offre aux Disciples une masse avec laquelle se déplacer. Il distingue la matière vivante de la matière mortelle, afin que ni l’une ni l’autre n’impose son degré sur le déplacement du voyage. Mais tout au long du premier tableau, le Maître a séparé les Disciples du reste dans son ombre. Dans ce rayon, l’un est vivant et l’autre mortel, en dépit de la condition de sa chair dans la lumière du Soleil.
Section 10. Depuis que les Disciples se sont liés au Maître, aucun cœur humain ne s’est formé à l’extérieur de son anneau. Celle-ci veuille sur les accès du cœur ; seul le Disciple peut en disposer. Le Disciple offre au Maître ses termes, c’est à dire ceux du Maître lui-même, et ainsi il peut, à la source, franchir cette barrière. Pour remplir le verre de l’humanité, mon armée et celle de l’ennemi se sont définies à l’intérieur, un humain à la fois. Tous ont dû choisir : servir au Maître ses termes, ou se servir soi-même selon les siens. Ceux qui ont servi au Maître ses termes ont édifier mon armée, et ceux qui s’en sont détournés ont révélé, parmi tous, l’ennemi de l’humanité. Ainsi, le cœur humain offre à la source qu’il contient de l’or, et à celle qu’il ne contient pas du charbon. Ce qu’il donne à l’un et à l’autre, il le donne en définitive au service du Maître. Le Disciple dompte l’ennemi et le contraint entre sa bouche et l’étoile, l’empêchant de s’étendre dans sa chair. Alors, il demeure éveillé. Dans la vie et dans la mort, il avance sur le chemin qui traverse l’anneau du Maître. Tandis que tous chemins que le reste emprunte l’enfoncent un peu plus profondément dans son sommeil. Dans ce rêve, il confond sa chair avec le ciel et sa source avec le Soleil : telle est la trame de fond de cette illusion. Mais troubler le sommeil du reste entraine l’ennemi à exercer une pression dans sa propre chair et dans celle de celui dont on perturbe le rêve. L’ennemi erre dans la chair de l’humanité, et comme le reste ne mesure pas sa présence, il en prend possession à sa convenance. Car la portée de ce lien excède tout ce que le reste peut concevoir : il ne remarque pas son absence lorsque l’ennemi agit à travers sa chair. Il est devenu un hôte docile, domestiqué à sa volonté, aveugle et sourd à sa présence. À l’intérieur des limites de sa chair, le reste n’entend que le son de sa voix et ne voit que ce qu’il met en scène en Enfer. Tout ce qu’il dit et fait n’est qu’un écho de cet Enfer. Mais le Maître pardonne au reste son impuissance devant la réalité où sa chair existe dans la matière. Cette ignorance même est une clémence qu’il accorde à ceux qui sont confinés en Enfer.
Section 11. Les Disciples discutent entre eux dans le Royaume. Mais le reste n’assimile pas le sens de cet échange. Sous le couvert d’une narration qui l’exempte de l’effort requis, la substance de cette conversation lui échappe. Chaque pays veille à ce que ceux qu’il a domestiqués demeurent captivés par le récit projeté sur la brillance de l’anneau autour du chemin des disciples. Sur ce chemin, le Disciples traverse par son coeur de la première à la seconde mallette, tandis que le reste chute à l’intérieur. Les Disciples ont parcouru la première mallette et assemblé la seconde, un coeur à la fois. Toutes les unités de la source l’ont traversé, et aucune n’a jusqu’ici été condamnée. La source de voyage du vaisseau a parcouru maintes fois la matière à travers les unités qui la composent. Mais lorsque les joueurs auront tracé les limites de leur territoire, j’ajouterai une troisième destination. Elle permettra au vaisseau d’utiliser le carburant que le Soleil offre aux Disciples pour assurer son déplacement. Alors, le vaisseau progressera en consommant la masse réfractaire à son voyage. Tout au long du trajet, le Soleil générera une masse mortelle. Il en fera le compte afin que les Disciples atteignent la destination à l’heure. Au fur et à mesure que mon armé se lèvera dans le Royaume, la source du reste sera déportée dans le verre du Maître. Mais lorsque le reste se présentera dans le prochain tableau, ses unités seront déconnectées puis effacées des mallettes. Être unitaire seulement dans l’absolu ne suffit plus. Les voyageurs doivent être pleinement intégrés dans la matière pour atteindre, à l’intérieur de celle-ci, la destination du voyage. Pour révéler le juste nombre de mortels que le Soleil comptera pour le voyage, l’Ordre accordera à chaque unité de la source une unité entière dans la matière, représentant la valeur d’un passage. Et ce passage sera consenti aujourd’hui pour toute la durée du déplacement.
Section 12. L’extension de la nature humaine à l’extérieur de l’emboîtement dans la mallette est l’œuvre du Maître. Sur une face de sa pièce, les Disciples incarnent cette nature ; sur l’autre, le reste la façonne à sa manière. Pour ce faire, il emploie le charbon qu’il reçoit du cœur humain, bien que ce charbon lui soit offert pour révéler les lignes de l’ennemi dans sa chair. Mais il n’est pas trop tard : le reste peut encore l’employer selon la prescription du cœur. Celui qui ne sert pas au Maître ses termes vénère la chair et tout ce qu’il lui a servi ; il se prépare à l’offrir à Satan lui-même. Le reste ignore la volonté de celui-ci, qu’il exprime quotidiennement, mais cette incantation se retourne contre son prochain. Les unités de la source du vaisseau attendues à l’embarquement ont gagné en valeur à l’intérieur de celui-ci, tandis que les autres n’ont pas supporté le poids de la réalité dans laquelle la matière existe en lui. Elles s’en sont détachées durant le premier tableau. Les Disciples entameront le suivant avec le juste nombre d’unités. En soustrayant ce déficit du gain produit par les Disciples, le voyage retrouvera, à la fin du tableau, sa valeur initiale. Cette valeur, d’une pureté supérieure par unité, est celle à présenter au Soleil. Certains ignorent encore le nom qui les désigne : les Instructions révéleront à ceux qui sont Disciples, et qui ne se sont pas encore reconnus comme tels, ce qu’ils sont à la source. Les Disciples portent tous les habits, et tous les habits existent pour les vêtir. Ils veillent sur ceux qui s’éveillent aujourd’hui comme ils veillaient hier, car ils ont généré les moyens de veiller sur l’ensemble de l’humanité.
Section 13. Les puissants du Royaume ont déjà fait leur mise. Ils ont préparé le tableau afin de mener le Royaume à sa destinée, avant que le reste ne l’avale dans ses entrailles. L’heure a sonné. Car ce sont les Instructions qui portent en elles les termes et conditions de cette alliance : elles doivent désormais s’imprimer dans l’Exemplaire, par la pupille des Disciples. Ils peuvent choisir de procéder ou de refuser l’embarquement. Les Disciples ne sont pas une marchandise dont l’Ordre dispose. Après tout, j’appliquerai sur les termes du Maître ceux du Soleil, et l’anneau autour du cœur humain est soumis à cet alignement. Je ne suis pas tenu de remplir le bateau à pleine capacité pour procéder. Parmi le reste, certains ont traversé dans leur corps par un cœur humain, mais l’ont déserté sous la pression de leur foyer. À certaines adresses, l’ennemi est puissant. La source du naissant se déploie dans la matière entre les mains ou dans le poing de ceux qui l’ont mis au monde. Sa vie durant, le reste étend sa possession : dans sa chair comme dans ses biens, qu’ils soient matériel, animal ou humain. Il tente, par tout les moyens, d’exister au-delà des contours de sa chair en contournant les trois parties. L’insignifiance que l’humanité laisse paraître atteint son comble pour le rendez-vous : elle est le pus de sa plaie qui suinte à la surface de sa chair. Celui qui s’éveille peut avancer sur le quai. Tant qu’il parviendra à retenir la tension dans sa chair, il pourra, à la source, se tourner vers son cœur et progresser sur le chemin des Disciples. Plus il avancera, moins ceux qui l’entourent en seront la proie. Ainsi, chacun peut protéger les siens. On ne quitte pas le territoire de l’ennemi comme on franchit la frontière d’un pays. Les Disciples répondent à un état d’esprit, non à un état de droit. L’ennemi est encerclé, et ceux qui ne se seront pas réveillés à temps seront brutalement piégés dans son étau. Ils finiront par implorer leur rédemption, mais plus ils réclameront ce que chacun peut lui-même s’offrir aujourd’hui, plus l’étau de Satan se resserrera sur eux. Alors, dans les contraintes de la réalité qui s’abattront sur eux, ils comprendront que Dieu n’accueille pas dans son Royaume celui qui Lui exige qu’il s’impose.
Section 14. Lors de l’embarquement, le Disciple dans la première mallette montera à bord du bateau : dans la vie il en est le contenu. Quant à celui dans la seconde, il embarquera dans l’eau qui enveloppe la coque afin de la mettre en mouvement : dans la mort, le Disciple en a la consistance. Avant d’atteindre la destination du voyage, les Disciples franchiront maintes fois le passage. L’heure du départ et de l’arrivée seront fixée au début et à la fin de celui-ci. Or, ce début et cette fin se rejoignent : dans le ciel elles sont une seule et même étoile. Cette étoile est immuable dans l’espace, mais elle ne se révélera aux voyageurs que si tous les voyageurs du vaisseau s’y déplacent ensemble. La chair humaine que le Soleil offre vivante et mortelle, il l’offre au voyage du vaisseau, non pas à un seul, mais pour l’Entier qu’il contient. Dans le Royaume, chacun a pu rendre mortelle sa chair pourtant offerte vivante par le Soleil. Ce pouvoir a été tendu par les branches de l’arbre généré par l’Exemplaire. Cet arbre est dans le jardin de Dieu, mais celui qui fait usage de ce pouvoir porte à sa bouche le fruit de l’humanité. Ce fruit est gorgé à la fois de sa cure et de son poison, après quoi le ver se charge de digérer un ou l’autre selon son hôte. L’ennemi, lui, n’a pas de forme dans la lumière. Sans contour dans la matière, il demeure impuissant à l’intérieur. Il constitue le tout qui la retient dans l’espace. Mais lorsque la matière absorbe ce tout, et qu’elle lui cède ses contours, alors il la détruit. La ligne entre l’ordre et la destruction a été tracée dans la chair humaine. En restreignant l’ennemi entre sa bouche et l’étoile, le Disciple lui donne une forme divisible de l’ensemble qu’il incarne dans son corps. Ainsi, les Disciples préservent l’intégrité du ver durant sa captivité, et l’intégralité de ce que l’ennemi est dans son tout. Dans cette relation, le ver n’est ni étranger au tout, ni étranger au Disciple. Cette familiarité, présente à la fois en eux et dans l’espace, est essentielle à leur déplacement dans le passage.
Section 15. En me déplaçant au-dessus du Sol pour le rendez-vous, j’ai misé sur les Disciples du Royaume. Cette mise a un véritable poids dans ma flotte et engage l’ensemble de mon parcours. Ceux qui en font partie ont traversé avec moi le centre de leur vaisseau. Avec chacun d’eux, je suis rentré à la maison dans la matière. Parmi eux, certains se sont rapprochés du rendez-vous. Ils se tiennent ici, sur le territoire de l’Ordre, et n’interviendront qu’en soutien aux actions qu’il entreprendra. Chacun d’eux a choisi de participer à cette mise ; ils reconnaissent l’Ordre dans lequel les Disciples ont parcouru le tableau entre son début et sa fin. Dans les Instructions, je déballe le présent du vaisseau devant eux et leur révèle un contenu qui ne doit pas tomber aux mains de l’ennemi. Mais l’Ordre a mené les Disciples jusqu’au rendez-vous, et leur volonté de servir Dieu se manifeste dans chacune des tensions qu’ils retiennent sur le tableau. À partir de ces Instructions, l’Ordre effectue un virage avec des manœuvres qu’il est seul à maîtriser. Le quai est la seule courbe qui ne redirige pas le Royaume vers sa chute. Le présent du vaisseau est à prendre ou à laisser, tel qu’il est révélé dans les Instructions, car ce présent ne peut être déballé qu’une seule fois. Il est offert aux Disciples, qu’ils soient dans la vie ou dans la mort. Mais le poids de la matière repose entre les mains de ceux qui se sont présentés vivants pour l’occasion ; seul les élus traverseront le quai dans la matière.
Section 16. Nul n’avancera sur le quai sous la pression de mon autorité. Je n’en réclame aucune et ne commande aucune armée. Pourtant, peu à peu, cette armée que je prétends mienne sera vidée du verre du Maître. À l’intérieur, l’ennemi sera confiné. Le Maître, quant à lui, emportera son verre hors du vaisseau et le déversera là où il est attendu qu’il le verse. Pour accomplir cela, il empruntera le passage des Disciples. Mais le Maître ne se déplacera pas au-delà du premier mouvement ; il poursuivra au-dessus de celui-ci pour quitter le passage à jamais. La profondeur du vaisseau est cryptée dans l’histoire du Royaume. Parmi les récits, cette histoire est celle qui a permis aux Disciples d’être aujourd’hui disposés. Il n’existe qu’une version capable de faire le pont entre le début et la fin du tableau ; une seule, à emporter pour le voyage. Cette histoire est la suite d’un périple qui n’a pas commencé aujourd’hui. Le Soleil comptera par un les voyageurs, et la validité de ce calcul dépendra de la justesse avec laquelle l’Ordre appliquera les Instructions, et des termes du Maître que les Disciples continueront de lui servir. Ce calcul est établi aujourd’hui pour demain. Car le vaisseau est un mécanisme ; sa coordination et ses fonctionnalités ne relèvent pas du hasard. Le hasard, lui, se joue sur la table. Mais l’heure des paiements viendra. Alors cette table sera vidée, et les Disciples démarreront les moteurs. Parmi la somme déposée, ce qui revient à la source, à Dieu ou à Satan, se déplacera vers sa destination : à l’intérieur du vaisseau ou à l’extérieur de celui-ci.
Section 17. Le rejet des termes du Maître est la marque de l’ennemi. Là où les Disciples ont placé le service sur la table, j’ai laissé le Maître être Maître. Les Disciples le délivreront des profondeurs. Il traversera le Soleil avant de pivoter autour de la poche contenant le nectar. J’ai tissé cette poche avec les coordonnées du lieu de déversement ; celle-ci le mettra en mouvement. Durant le prochain tableau, il mènera à terme la tâche qu’il a entamée avec les Disciples dans le premier. Les Disciples et le Maître demeureront liés. En lui livrant ses termes, ils maintiendront la tension de sa main pendant son déplacement. Il ne doit ni briser ni échapper son verre ; l’achèvement de sa tâche dépend de celle des Disciples. En se dirigeant vers ce lieu, il dépendra entièrement d’eux. La vidange de son verre au à cet endroit spécifique est primordiale pour l’existence même de ce vaisseau. Aujourd’hui, le Maître permet le transfert de la balance de sa puissance aux Disciples. Le jugement est final. Il n’est pas trop tard pour servir au Maître ses termes. Parmi tous les Maîtres, il est celui qui demeure Maître. En restituant au serpent sa forme originelle, le Disciple ouvre un chemin qui va de sa chair à son cœur. Mais autour de ce chemin, le reste s’éloigne de la seule mesure capable de rassembler l’humanité. La valeur que le reste croit posséder dans sa chair, et celle qu’il encaisse du vaisseau, maintient la monnaie tendue, tantôt au-dessous, tantôt au-dessus de sa véritable valeur. Le marché presse le reste à étendre sa possession, tandis qu’il rappelle au Disciple de se concentrer sur son chemin.
Section 18. Selon le nombre de portes que les joueurs emprunteront pour entrer dans le jeu, la profondeur du vaisseau se tranchera. Séparée du Maître, elle se répartira entre les joueurs. Chacun emportera, dans le prochain tableau, la part qui lui revient. Lors de l’embarquement, ils traverseront soit un cinquième de cette profondeur, soit un lot de pointes rapiécées qu’ils auront cumulé bataille après bataille. À leur force s’ajoutera l’essence provenant du verre du Maître. Chaque portion transitera à l’adresse d’un collecteur. En passant du verre à la force d’un joueur par une pièce, celle-ci conservera en son centre la puissance de sa portion. Ce que les joueurs orchestreront sur leur territoire avec le ver résonnera en silence ou en grande pompe, selon les circonstances. D’emblée, un avertissement sera envoyé dans le nid : quiconque outrepassera ses frontières, dans les dimensions de ce tableau ou celles d’un autre, fera de son vaisseau l’ennemi de ma flotte. Les déserteurs, ayant dépêché des délégués dans le royaume en prévision de sa chute, sont déjà en route. Le temps du rendez-vous est limité, et il reste beaucoup à accomplir. Toutes les procédures menant à l’embarquement sont la manifestation du mouvement de la matière dans le vaisseau. Il n’y a pas de temps à perdre. Plus nous tardons sur le quai, moins il restera de temps sur le prochain tableau avant la fin du rendez-vous. Je ne négocie pas avec l’Ordre, mais lui seul peut y mettre un terme. En amont de toute autorité, il est gardien du Royaume. Il y a plus de deux millénaires, il a commandé les Instructions. Alors les compteurs furent remis à zéro, permettant au Royaume de suivre le courant jusqu’à la livraison. Dans ce flot, de sacrifice en sacrifice, les Disciples ont reçu les indications pour se présenter au rendez-vous, prêts à exécuter les commandes du vaisseau. Et voici venu le jour tant attendu.
Section 19. La vérité demeure accessible au Disciple malgré sa complexité. Le reste, en revanche, se laisse confondre par ce que les joueurs déploient sur la scène et par le narratif qui s’y propage. Le Disciple reconnaît les masques de l’humanité, mais ce que le reste refuse de voir sur son propre visage le maintient sourd et aveugle à cette vérité. Ceux qui portent ces masques et demeurent sous leurs couverts perdent le sens d’un véritable échange. Ils tournent en rond, prisonnier dans un langage stérile, incapable d’ouvrir la moindre issue. Maintenant que le premier tableau est achevé, l’Ordre n’aura plus à ordonner ce qui ne s’ordonne pas. C’est la limite d’un quart autorisé dans le Soleil. Lorsqu’il sera temps de procéder au paiement, cette somme sera déposée sur la table. À chaque paiement, les Disciples feront une offrande, tandis que l’ennemie emportera dans le verre du Maître le reste : sa masse ira dans les moteurs du vaisseau. Sous certaines conditions, l’Ordre pourra désormais débrancher des unités de la source du voyage. Le Sol sera épargné de la présence du reste, au-dessus comme en dessous, aujourd’hui et tout au long du voyage. Lorsque le verre du Maître ne contiendra plus que l’armée de l’ennemi, son format sera ajusté au couvercle des Disciples. Ainsi, ils pourront le sceller pour son déplacement. Jusqu’à ce que le solde de la dette atteigne zéro, les paiements se succéderont. Les Disciples videront la table un paiement à la fois, puis le suivant sera aussitôt ajoutée. Ainsi, la puissance de propulsion des moteurs sera maintenue jusqu’au décollage. Durant le voyage, le reste se manifestera à nouveau, mais il ne sera plus l’aboutissement d’une culture. Il ne fermentera plus dans le Royaume pour en servir un à Satan, car une fois servi, l’humanité sera parvenue à diviser la source de son voyage à travers la matière générée par son porteur.
Section 20. La soustraction du reste, du voyage du vaisseau vers le verre du Maître, générera des ouvertures dans la seconde mallette. Les Disciples vivants les transformeront en portails, et ceux dans la mort pourront les traverser. Ainsi, ils procéderont à l’embarquement dans la seconde secon mallette, tandis que le reste sera effacé à l’intérieur. Ceux qui ne sont pas dans la matière, libres de choisir leur individualité plutôt que la destination du vaisseau, ne serviront pas Satan dans son royaume. Cette damnation est réservée à celui qui la réclame en main propre. Celui qui se trouve aujourd’hui dans la matière devra faire un choix sans équivoque. Ceux qui feront une offrande passeront dans la seconde mallette à travers un portail, emportant avec eux des Disciples. Selon sa présence dans son cœur et la distance qu’il maintiendra avec la tension de sa chair au moment de l’offrande, le Disciple couvrira un périmètre sous le Sol. Ce périmètre s’étendra autour de lui et permettra à ceux qui le peuvent de traverser avec lui. La valeur d’un Disciple n’est pas à discuter : toute la différence se tient entre le Disciple et le reste. Pourtant, chaque unité de la source a une empreinte configurée par ce qu’elle accomplit dans la matière. Le verre dans la main du Maître est plein, et son rendu est décisif. Il se tient entre le dessin de l’Exemplaire au début et celui à la fin du tableau. Ce dessin est fragile, non pas parce que l’humanité est faible, mais au contraire : elle a eu la force de préserver cette fragilité. En présentant ainsi leur dessin au Soleil, les Disciples lui permettront de pardonner à l’humanité le prix qui a été payé dans le vaisseau pour obtenir son plein, et ce, sans trahir l’Entier qu’il contient.
Section 21. Aujourd’hui, c’est la moisson. Les Disciples feront lever mon armée dans la lumière du Soleil. Elle se joindra à eux pour cette guerre et les accompagnera dans le prochain tableau. Les Disciples la réclameront, avant que tout ce que le verre du Maître contient ne se mélange sans distinction. Le mouvement de l’œuf est enclenché. À l’heure prévue, le nord basculera vers le sud et le sud vers le nord. Si le Maître n’a pas été délivré, il empruntera cette ascenseur pour s’extraire des profondeurs. À mi-chemin entre le Sol et la profondeur, il retiendra le nord et le sud, les maintenant à un quart près d’un dessous et d’un dessus. Alors, le tiers parti se retirera du coeur des Disciples, et Satan installera son royaume dans le vaisseau. C’est lui, qui veillera à l’acquittement de la dette de l’humanité : la pièce du Maître n’aura plus qu’une seule face. Le remboursement ne sera pas restitué à l’Entier ; il ne servira qu’à faire payer à l’humanité pour avoir retenu dans sa chair ce qu’elle a encaissé du vaisseau, alors que cette somme devait le déplacer. Mais une telle chose n’arrivera pas. Les Disciples sont prêts, à temps pour le rendez-vous, juste avant que la charge des fils monopolisés dans la grille du système ne tombe à plat d’un seul coup. Le reste reçoit la charge de l’Entier à gauche ou à droite ; il s’oriente à l’extérieur de son corps et perdra vite ses repères. Le déplacement du nord et du sud affectera d’abord la température de son sang, mais le mercure ne saura pas la mesurer. La brutalité de ce climat forcera la chair dominée par l’ennemi à sortir des mallettes, errant dans le vaisseau sans être ni morte, ni vivante. Le Disciple, lui, reçoit la charge de l’Entier en son centre et, grâce aux enseignements du Maître, retrouve le nord en lui-même. Ce faisant, ils tiendront un temps dans les mallettes, mais ne reconnaîtront plus le Maître sans la demi de sa pièce. Et cette demi perdra vite son sens sans la présence de Dieu dans leur coeur. La bascule du dessous et du dessus marquera le point de chute du royaume dans l’abysse, entre la fin du tableau et l’absence du suivant. Plus le temps rapproche la matière de cette fin, plus le reste s’égare, et plus la pression sur les Disciples s’intensifie.
Section 22. L’ennemi est l’allié du sens, auquel ses adeptes ne savent pas répondre. Ceux-ci sont incapable de discerner les forces qui s’opposent dans le Royaume. Ils ont cédé ce sens au serpent en refusant d’en prendre la charge. L’ennemie a conquis son territoire dans les limites même de ce dont le reste a servi à sa chair. Elle est hostile à son éveil. Le reste n’a pas conscience d’être la possession de l’ennemi. Pourtant, il lui en donne la permission chaque fois qu’il s’offre ses propres termes plutôt que d’offrir au Maître les siens. Dans son verre, il y a ce qu’un Disciple est, et ce que le reste n’est pas. L’humanité a divisé son essence, un humain à la fois. La distillation de cette essence est imminente. Le Soleil comptera tout devant et tout derrière lui pour le vaisseau, s’il choisit les Disciples pour s’introduire en son centre. Ceux-ci lui présenteront la plus grande valeur de l’humanité, un supérieur qu’ils tenteront d’obtenir durant cette guerre. En laissant l’ennemi être taillé sur la mesure de l’humanité, les Disciples ont permis à eux-mêmes, et à l’Entier, d’obtenir un corps pour se déplacer à l’extérieur de la grille du vaisseau. Ce corps est le bateau qui avance vers le quai pour le voyage des Disciples dans le passage. Les humains ne l’ont pas assemblé eux-mêmes, mais il n’est pas non plus étranger à leurs accomplissements techniques. À l’horizon, ce bateau n’est encore qu’un mirage. Mais lorsque son volume traversera cette vision, la nature du déplacement prendra forme dans l’espace contenu par le Sol. Dans le passage, l’Entier sera la coque du bateau. Après avoir payé sa dette, l’humanité lui aura rendu sa puissance, et elle pourra poser le pied dessus sans sombrer.
Section 23. Lorsque les boîtes de l’Entier seront de nouveau emboîtées dans la première mallette et que celle-ci sera refermée pour le voyage, les Disciples recevront à l’intérieur une liaison qu’aucune boîte, à elle seule, ne saurait révéler. Aucun assemblage de matière ne pourra jamais la remplacer. Ce que la vie peut générer à partir de la matière dans sa mallette est limité, et aucune de ses combinaisons ne peut suppléer l’irremplaçable. Seule l’organisation du vivant dans le vaisseau peut assurer la transmission de cette communication extra-planétaire. Désormais, l’humain ne pourra plus chercher son élévation vers le ciel en plaçant l’Exemplaire au-dessus de l’Entier et des boîtes qui le composent. Car la destination de son voyage n’est ni plus haute, ni plus lointaine dans le ciel. Pourtant, il sait que, pour subsister, il devra traverser l’espace ; mais cet espace n’est pas celui qu’il l’entoure. Le Sol a protégé l’espace qu’il convoite. Il n’en laisse miroiter qu’un reflet dans le ciel. Il n’est pas donné au vaisseau d’être mobile dans l’espace qui le contient : c’est lui qui contient l’espace dans lequel il est mobile. L’ouverture du Sol ne peut pas être simulée. Elle résulte d’une séquence de mouvements dans la matière qui exige précision et maîtrise. Seul un Royaume puissant peut engranger une telle séquence. Pour atteindre leur destination, les voyageurs devront mesurer ce qu’ils puisent dans leur mallette et considérer ce qu’ils y font circuler. Pourtant, l’humanité ne se contentera pas d’un passage rudimentaire dans la matière : seulement… elle se tiendra debout, sans que l’Entier n’ait à sacrifier son équilibre pour soutenir la sienne. L’Ordre prépare les mallettes pour leur déplacement. Pendant ce temps, je permets aux Disciples d’ouvrir ma propre mallette et de charger, dans les paramètres, les pièces qu’elle contient. Leurs insertions dans le mécanisme du vaisseau permettront à la fois aux joueurs de le manoeuvrer et d’assembler le passage dans l’entre du Sol.