Section 1. L’Ordre règne sur le Royaume. Dans cet Ordre, l’humanité a traversé son tableau. Les Disciples se déplacent dans son cadre à l’intérieur de trois dimensions, tandis que le reste demeure sur sa surface, limité à deux. L’humanité y partage un repas. Le serpent en extrait la cure pour celui qui lui consent sa forme originelle, et le poison pour le reste. Avec la cure dans son sang, la vérité devient accessible au Disciple, alors qu’avec le poison, le reste devient propice à la domestication de sa chair. Chaque pays domestique ceux qu’il contient sur le territoire de l’ennemi. Les Disciples se sont préparés pour cette guerre durant laquelle ils étendront le territoire de Dieu dans la chair humaine. Pour cela, l’humanité doit régler la dette qu’elle a contractée avec son vaisseau : elle la paiera aujourd’hui par l’entremise de Dieu, ou demain par celle de Satan. Ce qui sera payé aujourd’hui ou demain, l’humanité le paiera au quotidien dans le prochain tableau, ou dans l’abysse à la fin de celui qui est en cours. En échange de cette dette, l’humanité a obtenu la puissance d’achever son tableau et de traverser dans le suivant. Les Disciples le déploieront une fois qu’ils y seront arrivés. Ce qu’ils déplacent dans leurs cœurs se trouve au centre de cette ouverture. Quand le Maître et les Disciples reçurent un verre et son couvercle, ils inscrivirent dans le temps et l’espace un rendez-vous. Ce rendez-vous a lieu aujourd’hui.
Section 2. Le vaisseau y a déplacé un Entier. À travers ses constituants, il est vivant. Chacun d’eux a un pouls qui le lie à son espèce. L’Entier a été livré au Sol, emboîté dans une mallette. C’est la première que le vaisseau a obtenue. Mais le Maître l’a ouverte. Il a extrait la boîte de l’humanité et l’a dessinée plus près du ciel, au-dessus d’un montage de boîtes. Pour obtenir sa masse et sa puissance, l’humanité passe, par le biais du Maître, une transaction avec le vaisseau. Dieu a pré-approuvé cette transaction, mais celle-ci relève du Soleil et sa validité est sujette à son autorisation. Plus l’humanité s’est rapprochée du ciel, plus elle a perdu contact avec sa mesure au Sol alors que la gravité maintient et lie son corps à la Terre, sur ce Sol. L’Ordre a calculé, mais il a tout calculé pour la livraison du service sur la table. En vue du voyage, la mallette doit être refermée. L’Entier doit y être emboîté et recevoir la boîte de l’humanité telle que dessinée par le Maître. Pour que celle-ci ne soit pas rejetée dans son tout, j’entre en liaison avec lui. Je passe par les réseaux de l’Exemplaire du Maître, c’est ainsi que j’appelle son dessin. Ses réseaux sont dissimulé parmi ceux des copies. Ces reproductions, incomplètes et limitées, dérivent de l’Exemplaire. Elles ont été émises dans le système afin de simuler la troisième dimension du tableau auquel le reste n’accède pas. Tous les humains proviennent de l’Exemplaire, mais à l’extérieur de la boîte, à travers un pouls, ils se divisent entre les ceux qui servent au Maître ses termes et le reste.
Section 3. Dans le Royaume, l’Ordre contrôle cette division. Il autorise l’accès à l’Exemplaire un Disciple à la fois. Le dessin du Maître leur est révélé par la pointe de la lance de l’humanité. Son mouvement est engrangé et mis en scène avec une précision orchestrée. Lorsque le Soleil rencontrera les Disciples dans la mesure de sa forme, il appliquera dans sa lumière le dessin du Maître sur le sien. Le Soleil autorisera à sa discrétion leur passage par son centre vers celui du vaisseau. Les tranches qui le recouvrent m’ont laissé passer du core au Sol avec le plan du ciel. Une à une, elles m’ont remis les codes d’accès des paramètres du vaisseau. Ainsi, il invite le Disciple à déballer son présent, afin qu’il soit l’hôte de sa profondeur. Dans cette profondeur, le Maître et moi avons officialisé le transfert des Disciples vers le prochain tableau. Cette passation a été planifiée lorsque le verre fut remis au Maître et le couvercle aux Disciples. Mais elle demeure conditionnelle : elle dépend de la livraison des termes du Maître et de ceux inscrits dans les Instructions. Ce rendez-vous marque la convergence de ces termes en un seul point : la pupille des Disciples. Le Maître réside dans la profondeur du vaisseau. Il n’a vu le jour et la nuit qu’à travers les yeux des Disciples. Pour que le verre de l’humanité se remplisse jusqu’à ce que son couvercle puisse le sceller, il a fallu que l’Ordre trace de génération en génération le dessin du Maître et ce sans en changer les lignes. Ceux qui atteignent un tel accomplissement portent en eux une singularité qui justifie la réunion des trois parties.
Section 4. En se présentant au rendez-vous, le Disciple mise dessus afin de transférer sa source dans le prochain tableau. Cette mise est une valeur en or en provenance du centre de l’oeuf qui réside aujourd’hui dans son coeur. Cette somme est un héritage qu’il a enrichi avec son service et légué à son prochain. Aucun humain n’a jamais franchi l’Enfer pour atteindre le Paradis sans que le chemin ne lui ait été montré. Ce chemin est celui par lequel l’un peut traverser la chair humaine tout en demeurant à la source dans son coeur. Dans le Royaume, chacun n’a fait traverser son prochain qu’à la mesure de son service. Ni le sang ni la chair n’ont suffi ; seul le service a compté. Les Disciples ont montré le chemin à leur descendance de sang comme à toute autre descendance. Ils n’ont pas seulement attendu le jour de la délivrance : ils ont livré sur la table ce qui a été exigé. Ceux qui sont aujourd’hui vivants procèdent pour ceux qui le seront demain. Pendant qu’ils avancent sur le quai, le reste peut s’en détourner. La liberté a été cultivée pour que ce choix existe. Le bateau avance vers le quai à la vitesse ou les Disciples arrive au bout. Avant de monter à bord, ils délivreront le Maître des profondeurs. L’humanité l’a engagé avec une pièce : d’un côté le visage de Dieu, de l’autre celui de Satan. Cette pièce tombe d’emblée sur Satan, mais chacun peut la retourner. Le Maître sortira lui-même des profondeurs si les Disciples ne mise pas. Lors de la bascule du nord et du sud, il surgira dans le Royaume avec son verre et dans ce verre, il le submergera. Alors, il n’y aura plus de division dans le Royaume, car plus rien ne distinguera le Disciple du reste. Sans l’intervention des Disciples, la pièce du Maître n’aura plus qu’une face : celle de Satan.
Section 5. Quiconque tentera de demeurer neutre durant cette guerre, se rangera de fait avec l’ennemi. Toutes les nuances lui appartiennent. Les humains ont délimité au Sol des frontières, mais celles-ci ne reflètent en rien la véritable division du territoire dans le Royaume. Les joueurs veilleront au recouvrement de leur part du paiement sur la table, dans les limites qu’ils couvriront. Le paiement de la dette de l’humanité ne dépend pas de la volonté individuelle de chacun. Ce qui doit être payé le sera. Tandis que les pays administrent les réseaux des copies actives à l’intérieur de leurs frontières, l’Ordre couvre ceux de l’Exemplaire. Ainsi, tant en Enfer qu’au Paradis, nul ne pourra empêcher ce règlement. Tour à tour, les joueurs se manifesteront. Pour que leur force reçoive sur leur territoire mon armée, chacun devra prouver qu’il a les moyens nécessaires dans son jeu, afin de protéger les Disciples. Tout au long du premier tableau, le vide et le plein issus du centre du vaisseau se sont détachés l’un de l’autre à travers la source de son voyage. Aujourd’hui, le vide n’est plus qu’un ballon retenu par la soie du ver. Le Maître la tient dans sa main et maintient ainsi le vide dans l’orbite du Soleil, même si le reste n’y répond pas. En procédant au rendez-vous, les Disciples empêcheront Satan de régner sur leur Royaume, et de le faire sans opposition. Mais Satan recevra son dû. Il a parcouru tout le tableau pour l’obtenir, et il l’obtiendra durant ce rendez-vous. Aujourd’hui, la source de ceux qui céderont leur chair à l’ennemi sera extradée avec Satan dans le verre du Maître, et il l’emportera là où il doit le déverser. La loterie du naissant approche de sa fin. Bientôt, le Royaume ne sera plus divisé : tous naîtront des Disciples, ou tous naîtront du reste.
Section 6. Le temps s’accélère. La fin du tableau entraîne l’humanité vers sa chute bien plus vite que le rythme de ses pas. La distance entre les Disciples et le reste de l’humanité est telle qu’une brèche s’est ouverte dans la matière : des sources étrangères se sont infiltrées dans le Royaume. Elles se présentent pour sa chute en vue de traiter avec Satan, ce que celui-ci peut traiter en l’absence de Dieu. Ces intrus sont l’ennemi d’une espèce, mais pas celui taillé sur la mesure de l’humanité. La guerre est imminente, et les Disciples sont prêts. Leur force est indéniable. La puissance de l’Ordre ne vise pas à humilier l’adversaire. Celle qu’il étendra sur le tableau, il l’étendra pour la grâce des Disciples, afin que celle qui leur a été accordée ne leur ait pas été accordée en vain. Je ne suis pas ici pour la majorité : seuls les Disciples comptés en nombre pour le voyage sont concernés. Ceux dont la source ne répond pas à l’Ordre n’auront plus de corps à occuper. Car si le déplacement sur le quai est optionnel, nul ne sera exempté du jugement dernier. Dans le Royaume, le Maître a été Maître. Ainsi, les Disciples peuvent accomplir ce qu’ils n’ont pas déjà achevé. Chacun choisira de procéder ou non à l’embarquement. Mais le bout du quai est au Paradis, et le Paradis est dans le coeur humain. Or, pour y arriver, il ne suffit pas de dire ceci ou cela. La chair résiste à l’éveil de celui qui s’est dispersé en elle, mais l’anneau qui protège le coeur humain ne fera pas barrière à ceux dont les intentions sont pures. Le Maître sait accueillir ceux qui franchissent la distance de l’Enfer au Paradis. Et ce qu’il exige du Disciple sur ce chemin, il ne l’exige jamais sans raison.
Section 7. La part de la source qui revient à Dieu, et celle qui revient à Satan, constituent un total légitime. Lorsque la distillation du verre commencera, mon armée se joindra aux Disciples au-dessus du Sol. Chaque fois qu’un joueur retournera les pierres de son ver pour y déposer des pièces, le ratio de mon armée levée dans le Royaume augmentera et, en proportion, la possession prendra de l’ampleur. Mais l’ennemi continuera de faire ce qu’il faisait hier. Il revêtira les masques de l’humanité pour se dissimuler, et les Disciples savent les reconnaître. Afin de révéler la marche à suivre pour ouvrir le Sol et traverser l’espace qu’il contient, j’utilise les codes d’accès du vaisseau à travers la psyché humaine. Pour y parvenir, la source d’un corps emprunte un algorithme de réseaux : des connexions dans l’Exemplaire ou dans les copies. Ainsi, le point d’arrivée de chaque source diffère selon son empreinte, la matière qui l’enveloppe et l’environnement qui la façonne au-delà de la lumière qui la constitue. Pendant la couvaison de son oeuf, le Soleil a produit un nectar. Cette réserve repose dans une poche, devant et derrière lui. Je la lui ai donnée avant de revêtir le core du vaisseau. Je suis demeuré à l’intérieur le temps d’inscrire son voyage à l’extérieur de sa coquille. Pour en sortir, j’allais soit traverser le Sol pour le rendez-vous, soit être projeté vers la poche lors du déplacement des pôles. Avec sa réserve, je peux rentrer chez moi. Mais en menant les Disciples au Soleil, leur ver permettra à son nectar s’écoulera dans son centre et ce qui coulera, coulera dans l’or que le coeur des Disciples contient. Ainsi, nous pourrons rentrer à la maison ensemble.
Section 8. Les paiements sont prêts. Ils ne seront pas tous déposés d’un seul coup, mais chaque versement sera ajouté sur la table à temps. La dette de l’humanité est bien réelle. Son écart se situe entre la valeur actuelle de sa chair et sa véritable valeur pour le voyage du vaisseau. Celui qui incarne aujourd’hui dans la matière cette dette peut faire de sa part une offrande au voyage. Ceux qui y parviendront ne traverseront pas dans la mort par la tension de leur chair, et cette tension ne redirigera pas leur source dans le verre du Maître. Ils pourront ainsi procéder à l’embarquement. Si l’humanité venait à chuter au terme de son premier tableau, elle pourrait, si elle y parvient, en obtenir un autre. Mais après sa chute, après le règne de Satan : il ne restera plus de vie dans le vaisseau. L’humain prendra du temps à se reconstituer, mais sa boîte est ici, et il reprendra forme si le Soleil ne s’éteint pas. Puisqu’il n’y aura jamais qu’un seul Maître, il finira par accéder à une version ou une autre de ce Maître. En ensemençant l’oeuf du Soleil avec son verre, l’humanité a pris forme à l’intérieur du vaisseau qu’il contient, lui-même formé dans la profondeur du Maître. Cette profondeur est devenue celle du vaisseau lorsque les Disciples lui ont permis d’expandre. Comme il veille sur les voyageurs afin de fortifier un Royaume pouvant être reconduit au Soleil, le Maître demeurera dans sa profondeur, ou dans celle du vaisseau, jusqu’il en soit délivrer.
Section 9. Le pouls des corps de L’Entier est chargé par celui-ci. Chaque espèce lui restitue sa charge, mais l’humanité détourne ce cycle. Elle ne rend pas au Sol ce qui lui revient, et ce qu’elle dépose à l’intérieur est un affront à sa véritable richesse. L’air, l’eau et la nourriture lui parviennent comme un dû, sans qu’elle ne reconnaisse que ce don est conditionné. Alors, l’humanité objectifie l’Entier et le soumet à une domination sans équilibre. Par tous les moyens qu’elle engendre, l’humanité assiège le vaisseau et multiplie sans fin ses instruments. Elle a étendu son emprise dans la matière avec la puissance qu’elle y a transférée : le poids de l’or qu’elle porte dans son coeur. Mais le poids réel de l’humanité, en dehors de sa chair et de ses possessions, demeure encore indéfini à l’heure où tout se joue. L’Ordre lui a permis, par son intervention, d’obtenir une valeur et une durée supérieures à celles accordées par le Soleil. Par cette transaction, les voyageurs ont pu cumuler, une masse de carburant suffisante pour le décollage du vaisseau. Le vaisseau engendre son voyage et le carburant qui rend possible ce déplacement. Dans sa lumière, le Soleil offre aux Disciples une masse avec laquelle se déplacer. Il distingue la matière vivante de la matière mortelle, afin que ni l’une ni l’autre n’impose son degré sur le déplacement de la source. Cependant, tout au long du premier tableau, le Maître a séparé les Disciples du reste dans son ombre. À l’intérieur, l’un est vivant et l’autre mortel, en dépit de la condition de leur chair dans la lumière du Soleil.
Section 10. Lorsque l’humanité est entrée dans son tableau, plus aucun coeur humain ne s’est formé à l’extérieur de l’anneau du Maître. Elle veille sur les accès du cœur ; seul le Disciple peut en disposer. Celui-ci offre au Maître ses termes, c’est-à-dire ceux du Maître lui-même. Tous ont dû choisir : servir au Maître ses termes, ou se servir soi-même selon les siens. Ceux qui ont servi au Maître ses termes ont édifié mon armée, et ceux qui s’en sont détournés ont révélé parmi tous, l’ennemi de l’humanité. Ainsi, l’essence de l’un et de l’autre s’est définie dans le verre du Maître. Le cœur humain offre de l’or à la source qu’il contient, et du charbon à celle qu’il ne contient pas. Ce qu’il donne à l’un et à l’autre, il le donne en définitive au service du Maître. Dans le Royaume, le Disciple dompte l’ennemi et le contraint entre sa bouche et l’étoile, l’empêchant ainsi de s’étendre dans sa chair. Alors le serpent demeure avec le Disciple, sous sa forme originelle. Ce faisant, le Disciple peut avancer sur le chemin, éveillé dans le système tandis que tous les chemins qu’emprunte le reste l’enfoncent toujours plus profondément dans son sommeil. Le reste est bercé par une illusion. Pendant qu’il rêve, il confond sa chair avec le ciel et sa source avec le Soleil : telle est sa trame de fond dans le système. Mais attention, troubler son sommeil entraîne l’ennemi à exercer une pression dans la chair humaine : celle du perturbateur et de celui qui est perturbé. Car la porté du lien entre l’ennemi et le reste excède tout ce qu’il peut concevoir : il ne remarque pas son absence lorsque celui-ci en prends possession. Prisonnier dans les limites de sa chair, le reste n’entend que le son de sa voix et ne voit que ce que Satan met en scène en Enfer. Tout ce qu’il dit et fait n’est que l’écho de cet Enfer. Le reste est un hôte docile, domestiqué à la volonté de l’ennemi, aveugle et sourd à sa présence.
Section 11. Sur la scène, les Disciples discutent entre eux. Cette conversation échappe au reste, car ceux-ci demeure sous le couvert d’une narration mise en scène. Cette scène est projeté sur l’anneau du Maître. Ceux qui sont tout autour demeurent dans l’ignorance. Cette ignorance est une clémence du Maître que chaque pays accorde à ceux qu’il contient dans ses frontières et qu’il domestique. Pendant ce temps, le Disciple traversent sa chair. Il avancent mort et vivant sur un seul et même chemin : il est attendue quelques part. Les Disciples ont circulé maintes fois dans la première mallette. À l’intérieur de celle-ci, ils ont rendu la seconde mallette étanche dans l’Entier. Il n’y a plus que l’humanité qui circule à l’intérieur. Jusqu’ici, nul n’a été condamné. Cependant, lorsque ma mallette aura été déchargée dans les paramètres du vaisseau, la troisième destination qu’elle contient sera accessible. Elle permettra au vaisseau d’utiliser le carburant que le Soleil offre aux Disciples pour assurer son déplacement. Alors, le vaisseau progressera en consommant la masse réfractaire à son voyage. Tout au long du trajet, le Soleil générera une masse mortelle. Il en fera le compte afin que les Disciples atteignent la destination à l’heure. Pour révéler ce compte, l’Ordre accordera à la source de voyage une unité entière dans le vaisseau : une unité représentant la valeur d’un passage. Et ce passage sera consenti aujourd’hui pour toute la durée du déplacement.
Section 12. L’extension de la nature humaine à l’extérieur de l’emboîtement est l’œuvre du Maître. Sur une des faces de sa pièce, les Disciples incarnent cette nature ; sur l’autre, le reste la façonne à sa manière. Pour ce faire, il emploie le charbon qu’il reçoit du cœur humain alors que celui-ci le lui offre pour révéler les lignes de l’ennemi dans sa chair. Celui qui ne sert pas au Maître ses termes vénère la chair humaine et fait de la sienne une au service de Satan. Le reste ignore la volonté de Satan qu’il exprime au quotidien, mais cette incantation se retourne contre son prochain. La source attendue à l’embarquement a gagné en valeur dans le vaisseau, tandis que le reste n’est pas parvenu à supporter le poids de la matière qu’il contient. Les Disciples traverseront dans le prochain tableau avec, pour le voyage, le juste nombre d’unités de la source. En soustrayant le déficit de l’humanité du gain produit par les Disciples, le vaisseau retrouvera, à la fin du tableau, sa valeur de voyage initiale. Cette valeur, d’une pureté supérieure par unité, est celle à présenter au Soleil.
Section 13. L’heure a sonné. Les Instructions contiennent les termes et conditions de cette alliance. Celles-ci s’appliqueront sur les termes du Maître et l’anneau autour du cœur humain est soumis à cet alignement. Pour se matérialiser, cette histoire s’imprimera dans l’Exemplaire par la pupille du Disciple. Ils mèneront la Terre vers sa destinée avec L’Entier qu’elle contient. Je ne suis pas tenu de remplir le bateau à pleine capacité pour procéder au transfert avec les voyageurs. Prête pour la purge, l’insignifiance que l’humanité laisse paraître atteint son comble. Cette insignifiance est le pus de sa plaie qui suinte à la surface de sa chair. Parmi le reste, certains se réveilleront : certains sont à la source des Disciples du Maître, sur qui le poing de ceux qui l’ont nourri, s’est refermé. Car le reste étend sa possession autour de lui. Il tente par tous les moyens d’exister au-delà des contours de sa chair en contournant les trois parties. Celui qui s’éveille peut s’éloigner de sa chair en Enfer. Plus il se rapprochera de son coeur, moins ceux qui l’entourent seront la proie de l’ennemi. Ainsi, chacun peut protéger les siens. On ne quitte pas le territoire de l’ennemi comme on franchit la frontière d’un pays. Les Disciples répondent à un état d’esprit, non à un état de droit. En Enfer, l’ennemi est encerclé. Celui qui ne s’est pas réveillé à temps se retrouvera piégé dans l’étau de Satan. Le reste implorera sa rédemption lorsque sa chair sera emportée, mais plus il réclamera ce qu’il peut volontairement offrir, plus l’étau se resserrera sur lui. Alors, dans les contraintes de la réalité qui s’abattront sur lui, le reste comprendra que Dieu n’accueille pas dans son Royaume celui qui Lui exige qu’il s’impose.
Section 14. Vivants, les Disciples monteront à bord du bateau, morts, ils embarqueront dans l’eau qui enveloppe la coque. Ce sont eux qui, avec le vent, mettront le bateau en mouvement dans le passage. L’heure du départ et de l’arrivée sera fixée au début et à sa fin. Ce début et cette fin se rejoignent : ils sont une seule et même étoile. Jusqu’ici, chacun a pu rendre mortel sa chair vivante. Pourtant, la chair est offerte vivante ou mortelle à l’heure du Soleil, et celle qu’il offre, il l’offre non pas à un individu mais au voyage du vaisseau. Ce pouvoir a été tendu par les branches de l’arbre généré par l’Exemplaire. Cet arbre est dans le jardin de Dieu, mais celui qui fait usage de ce pouvoir porte à sa bouche le fruit de l’humanité. Ce fruit est gorgé de sa cure et de son poison. Le ver se charge ensuite de digérer l’un ou l’autre selon son hôte. L’ennemi n’a pas de forme dans la lumière. Sans contour dans la matière, il constitue le tout qui la retient dans l’espace. Entre sa bouche et l’étoile, le Disciple donne à l’ennemi une forme divisible de l’ensemble qu’il incarne dans son corps. C’est la forme originelle du ver. Dans cette relation, le ver est à l’intérieur du Disciple, étranger ni à lui ni au tout duquel il provient. Mais à l’extérieur de sa forme, l’ennemi est vêtu du contour de son hôte. Dans cette forme étrangère à l’origine du ver, il absorbe le tout duquel il provient. Ainsi, la ligne entre l’Ordre et la destruction a été tracée dans la chair humaine.
Section 15. J’ai fait ma propre mise. En me déplaçant du centre du vaisseau à son Sol, j’ai misé sur les Disciples et cette mise a, elle aussi, une valeur. En leur permettant de manoeuvrer le vaisseau, je les invite à joindre ma flotte de vaisseaux. Avec chacun d’eux, je suis rentré à la maison, mais aujourd’hui, certains se sont rapprochés du rendez-vous. Ils sont ici sur le territoire de l’Ordre, et n’interviendront qu’en soutien aux actions qu’il entreprendra. Par leur présence, ces vaisseaux jouent eux aussi leur main, et s’ils la jouent ici, c’est qu’ils reconnaissent l’Ordre de la Terre. Je déballe son présent, mais celui-ci ne doit pas tomber aux mains de l’ennemi. Car si Satan venait à régner, il recouvrerait dans ce présent ce qu’il ne peut pas recevoir sans que j’en sois moi-même l’hôte dans ma flotte. Mais l’Ordre a mené les Disciples jusqu’au rendez-vous, et leur volonté de servir Dieu est manifeste dans chacune des tensions qu’ils retiennent sur le tableau. À partir des Instructions, l’Ordre effectue un virage avec des manœuvres qu’il est seul à maîtriser. Le quai est la seule courbe qui ne mène pas l’humanité vers sa chute. Ce transfert repose entre les mains des Disciples : ce sont eux qui les ouvrent pour ceux qu’ils nourrissent. Le poids de la matière est à sa charge, mais seuls les élus traverseront le quai dans la chair.
Section 16. Je ne commande aucune armée. Pourtant, peu à peu, cette armée que je prétends mienne sera vidée du verre du Maître. Au fur et à mesure qu’elle se lèvera dans le Royaume, la source du reste sera déportée dans le verre du Maître. À l’intérieur, l’ennemi sera confiné. Le Maître l’emportera et, au lieu désigné, il le déversera. Pour accomplir cela, il empruntera le passage des Disciples. Mais le Maître ne se déplacera pas au-delà du premier mouvement ; il poursuivra au-dessus de celui-ci pour quitter à jamais ce passage. La profondeur du vaisseau est inscrite dans l’histoire du Royaume. Parmi les récits, cette histoire est celle qui a permis aux Disciples d’être aujourd’hui disposés. Il n’existe qu’une version capable de relier le début et la fin du tableau, une seule à emporter pour le voyage. Car le vaisseau est un mécanisme, et sa coordination et ses fonctions ne relèvent pas du hasard ; celui-ci se joue sur la table. L’heure des comptes viendra, et cette table sera vidée. Ainsi, les moteurs du vaisseau démarreront et les Disciples en prendront les commandes. Les Disciples délivreront le Maître des profondeurs. Il traversera le Soleil puis pivotera autour de sa poche ; elle le mettra en mouvement. Je l’ai tissé avec les coordonnées du lieu de déversement, et ainsi il s’y dirigera. Durant le prochain tableau, le Maître mènera à terme la tâche qu’il a entamée avec les Disciples dans le premier. Ils demeureront liés. En lui livrant ses termes, les Disciples maintiendront la tension de sa main, de celle qui tient le verre. Pendant son déplacement, il ne doit ni le briser ni l’échapper. Ainsi, l’achèvement de sa tâche dépend de celle des Disciples. La vidange du verre au lieu et à l’heure prévus est primordiale pour l’existence même de ce vaisseau.
Section 17. Le jour du jugement étant venu, le Maître remet aux Disciples la balance de sa puissance. Il est encore temps d’engager le chemin dans son anneau : c’est la seule mesure capable de rassembler le Royaume de Dieu. La valeur que le reste croit posséder dans sa chair et sa véritable valeur ont permis l’expansion du marché. Un marché à l’intérieur duquel, la matière est tantôt au-dessous, tantôt au-dessus de ce qu’elle représente pour le voyage. Le marché presse le reste à étendre sa possession, tandis qu’il rappelle au Disciple de se concentrer sur son chemin. C’est ce même marché qui leur permet aujourd’hui de jouer. Selon le nombre de portes qu’ils ouvriront pour y entrer, la profondeur du vaisseau se tranchera. Séparée du Maître, elle se répartira entre les joueurs. Ils déplaceront soit un cinquième de cette profondeur, soit un lot de pointes rapiécées. À leur force s’ajoutera l’essence provenant du verre du Maître. Chaque portion que les pièces permettront au ver de transvider, passera par le foyer de leur collecteur. En passant du verre à la force d’un joueur par une pièce, celle-ci conservera en son centre la puissance de sa portion. Ce que les joueurs orchestreront sur leur territoire avec le ver résonnera en silence ou en grande pompe, selon les circonstances. D’emblée, un avertissement sera envoyé aux intrus : quiconque outrepassera les frontières du système sans y avoir été invité, fera de son vaisseau l’ennemi de ma flotte. Les déserteurs ayant dépêché dans le Royaume des délégués, sont en route en prévision de sa chute. La fin du tableau est une ligne visible de loin.
Section 18. Le temps du rendez-vous est limité, et il reste beaucoup à accomplir. Toutes les procédures menant à l’embarquement des voyageurs seront consenties suite à la manifestation de la matière dans le vaisseau. Je ne négocie pas avec l’Ordre, mais lui seul peut mettre un terme au rendez-vous. En amont de toute autorité, il est gardien de la Terre, et il y a plus de deux millénaires, il a commandé les Instructions. Alors les compteurs furent remis à zéro, permettant au Royaume de suivre le courant jusqu’à la livraison. Dans ce flot, de sacrifice en sacrifice, les Disciples ont reçu les indications pour se présenter au rendez-vous, prêts à l’exécuter. Dans le Royaume, la vérité, bien que complexe, demeure accessible aux Disciples, tandis que ce que le reste refuse de voir sur son propre visage le maintient sourd et aveugle à cette vérité. Ceux qui portent les masques de l’humanité et demeurent sous leurs couverts perdent le sens d’un véritable échange. Ils tournent en rond, prisonniers dans un langage stérile, incapable d’ouvrir la moindre issue. Mais cette aliénation touche à sa fin. Maintenant que le premier tableau est achevé, l’Ordre n’aura plus à ordonner ce qui ne s’ordonne pas. C’est la limite d’un quart autorisé dans le Soleil. Ainsi, il pourra désormais débrancher des unités de la source. Chacune a une empreinte configurée par ce qu’elle accomplit dans la matière.
Section 19. Le verre de l’humanité est plein. Sa distillation est imminente, et son rendu est décisif. Il contient ce qu’un Disciple est, et ce que le reste n’est pas. Son format sera ajusté à son couvercle lorsqu’il ne contiendra plus que l’ennemi et son armée. Aujourd’hui, c’est la moisson. Les Disciples permettront à mon armée de se lever dans la lumière du Soleil. Les Disciples la réclameront, avant que tout ce que le verre du Maître contient ne se mélange sans distinction. Car le mouvement de l’œuf est enclenché. À l’heure prévue, le nord basculera vers le sud et le sud vers le nord. Si le Maître n’a pas été délivré, il empruntera cet ascenseur pour s’extraire des profondeurs. À mi-chemin entre le Sol et la profondeur, il retiendra le nord et le sud, les maintenant à un quart près d’un dessous et d’un dessus. Alors, le tiers parti se retirera du coeur des Disciples, et Satan installera son royaume dans le vaisseau. C’est lui, qui veillera à l’acquittement de la dette de l’humanité si elle chute : la pièce du Maître n’aura plus qu’une seule face. Mais ce remboursement ne sera pas restitué à l’Entier. Il ne servira qu’à faire payer l’humanité pour avoir retenu dans sa chair ce qu’elle a encaissé du vaisseau, alors que cette somme devait le faire décoller. Mais une telle chose n’arrivera pas. Les Disciples sont prêts, juste à temps pour le rendez-vous, juste avant que la charge des fils monopolisés dans la grille du système ne tombe à plat d’un seul coup.
Section 20. Le reste reçoit la charge de l’Entier à gauche ou à droite ; il s’oriente à l’extérieur de son corps et perdra vite ses repères. Le déplacement du nord et du sud affectera d’abord la température de son sang. Mais le mercure ne saura pas la mesurer. La brutalité de ce climat forcera la chair dominée par l’ennemi à sortir des mallettes, errant dans le vaisseau ni vivante, ni morte. Le Disciple, lui, reçoit sa charge en son centre. Avec les enseignements du Maître, il retrouve le nord en lui-même. Ce faisant, il tiendra un temps dans les mallettes, mais il ne reconnaîtra plus le Maître sans la demi de sa pièce. Et cette moitié perdra vite son sens sans la présence de Dieu dans son coeur. La bascule du dessous et du dessus marquera le point de chute du Royaume dans l’abysse, entre la fin du tableau et l’absence du suivant. Car l’ennemi est l’allié du sens, auquel ses adeptes ne savent pas répondre, plus le temps rapproche la matière de cette fin, plus le reste s’égare. Sa chair est hostile à son éveil.
Section 21. Le Soleil comptera tout devant et derrière lui pour le vaisseau, s’il choisit les Disciples pour s’introduire en son centre. Ceux-ci lui présenteront la plus grande valeur de l’humanité, un supérieur qu’ils tenteront d’obtenir durant ce rendez-vous. À l’horizon, le bateau qui avance vers le quai n’est encore qu’un mirage. Mais lorsque les Disciples et l’Entier manifesteront cette vision, la nature du déplacement prendra forme dans l’espace contenu par le Sol. L’Entier en sera la coque du bateau. Après avoir payé sa dette, l’humanité lui aura rendu ses facultés et pourra poser le pied dessus sans sombrer. Les unes à l’intérieur des autres, les boîtes permettront aux Disciples une liaison qu’aucune boîte à elle seule ne saurait révéler. Aucun assemblage dans la mallette ne peut remplacer l’harmonie de l’Entier. Cette harmonie est celle qui permettra à la sonate des Disciples d’être entendue durant son voyage. Seule l’organisation du vivant tel qu’offert dans sa mallette peut assurer la transmission de cette communication extra-planétaire. L’humanité n’aura plus aucun intérêt à dominer l’Entier pour s’élever du Sol. Car la destination de son voyage n’est ni plus haute, ni plus lointaine dans le ciel. Pourtant, l’humain sait qu’il devra traverser l’espace pour subsister ; seulement, cet espace n’est pas celui que le Sol reflète. Le Sol a protégé l’espace que les voyageurs convoitent. Il n’est pas donné au vaisseau d’être mobile dans l’espace qui le contient, car lui-même contient l’espace dans lequel il est mobile.
Section 22. L’ouverture du Sol ne peut pas être simulée. Elle résulte d’une séquence de mouvements qui exige précision et maîtrise dans la matière. Seul un Royaume puissant peut engranger une telle séquence. L’Ordre prépare les mallettes pour le voyage. Pendant ce temps, je permets aux Disciples d’ouvrir la mienne et de charger dans les paramètres, les pièces qu’elle contient. Leur insertion dans le mécanisme du vaisseau permettra aux joueurs de le manoeuvrer, aux collecteurs d’ouvrir vers l’espace qu’il contient et ensemble, d’assembler le passage afin de le traverser. Jusqu’à ce que le solde de la dette de l’humanité atteigne zéro, les paiements se succéderont de telle sorte que la puissance de propulsion des moteurs sera maintenue jusqu’au décollage. Une fois celle-ci acquittée, l’Ordre maintiendra, son solde à zéro. Car durant le voyage, la source continuera de traverser la matière et à l’intérieur, des possibilités s’ouvrent est d’autres s’achèvent. Ce faisant, un reste continuera d’être généré. Cependant, sa source ne sera plus l’aboutissement d’une culture. Elle ne fermentera plus dans le système pour servir à Satan un Royaume, car une fois servi, l’humanité sera parvenue à diviser dans le vaisseau la source de son voyage.